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Y-a-t-il une place pour la démocratie électronique territoriale ? / Démocratie

Poursuivons notre série sur le thème de la démocratie. "Poursuivons" parce que, comme vous l'avez remarqué, nous venons d'ouvrir sur notre forum une discussion autour de la démocratie participative et l'expression des citoyens.
Pour aller voir et participer, c'est ici.

Anne Le Bot a été stagiaire ici, à l'opération Côtes d'Armor 2mille20. Un stage effectué dans le cadre d'un master II "web éditorial" qu'elle vient de terminer avec la soutenance d'un mémoire intitulé : "Entre idéalisme, indifférence et cynisme, y a-t-il une place pour la démocratie électronique territoriale ?" Ce mémoire est disponible sur notre centre de ressource, ici.

C'est donc avec une plume avertie qu'elle nous parle de la démocratie sur internet, de ses failles et de ses avantages. Avant de débuter la publication, nous avons décidé de lui donner la parole. Elle a donc accepté de passer de l'autre coté de la caméra et de l'écran pour répondre à nos questions.



1. Le mardi 23 septembre 2008, par Irène

J'ai eu l'occasion de laisser des messages sur ce blog et en effet, les interrogations et constats que fait Anne Le Bot, sont des interrogations que les usagers de blogs peuvent se faire quant à l'utilisation du commentaire, à la pertinence de tels outils, etc.
Je pense, et c'est pour cela que je continue de suivre les articles parus dans ce blog et de les commenter parfois, qu'un tel outil mériterait d'être un véritable lieu de débats. S'il ne doit se substituer aux débats oraux, aux confrontations physiques, il peut être un véritable complément à ceux-ci et donner la parole aux personnes qui ne la prennent pas nécessairement en public.
J'espère que ce nouvel outil va connaître un développement important dans les années à venir.

2. Le mardi 23 septembre 2008, par Joséphine

J'espère aussi qu'Internet va se développer et participer aux processus démocratiques mais en attendant, je vois difficilement comment parler de démocratie participative sur Internet quand tout le monde n'y a pas accès (pour des raisons économiques notamment).

3. Le mardi 23 septembre 2008, par Vincent Gène

Je crois qu'à partir du moment où on demande l'avis des citoyens, qu'ils soient experts ou pas, il faut en tenir compte. Quand on commence à se demander si l'avis de la population est pertinent et mérite d'être retenu, si les personnes interrogées sont compétentes, alors il faut arrêter de parler de démocratie et qui plus est de démocratie participative !

4. Le mardi 23 septembre 2008, par Anne Le Bot

L'expression citoyenne sur le web peut en effet pallier la réticence de beaucoup d'entre nous à s'exprimer en public, mais se heurte à un autre problème, celui de l'aisance à l'écrit. Et le problème n'est pas moins important !

Pour ce qui est de l'accès à Internet, évidemment tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. C'est pourquoi la plupart des collectivités mettent en place des espaces numériques et travaillent à compléter la couverture ADSL du territoire. Mais cette question ne doit pas cacher une autre "fracture", bien plus profonde à mon sens, et surtout plus durable : la fracture "culturelle", qui différencie les gens ayant une culture suffisante pour s'approprier des contenus parfois complexes et ceux qui n'ont pas pu l'acquérir. Exercer sa responsabilité de citoyen, c'est s'informer, parfois sur des sujets ardus, prendre le temps de réfléchir et d'échanger avec d'autres. Et rares sont les personnes en mesure de le faire quotidiennement, tant il y a de choses à faire par ailleurs. Comme le dit Daniel Mothé, les gens ne tolèreraient pas qu'on leur enlève leur droit à s'exprimer, mais le font peu dans la réalité.

Pour répondre au commentaire de Vincent Gène (beau pseudonyme !) : je crois que l'erreur serait de réfuter systématiquement toute idée d'incompétence citoyenne. Il faut, au contraire, interroger cette idée, qui ne va pas du tout de soi. Quelle compétence est sollicitée, dans quel type de démarche ? Elle est sans doute variable selon les individus et les moments. On a par ailleurs constaté que des citoyens non spécialistes d'un sujet pouvaient très bien formuler des propositions pertinentes après une période de travail sur une question, l'état des lieux des connaissances en la matière, des échanges avec des experts. Pourraient-ils le faire sans tout ce travail préparatoire ?

5. Le mercredi 24 septembre 2008, par Vincent Gène

Je vous remercie pour cette réponse.
Ce que je voulais dire dans mon message rejoint votre réponse : je pense qu'un avis, qu'il soit celui d'un expert ou celui d'un citoyen, mérite toute l'attention des décideurs, à partir du moment surtout où ceux-ci sollicitent cette opinion. Maintenant je suis d'accord pour dire qu'avec un travail préparatoire, les discours peuvent être plus pertinents... Mais n'y risque-t-on pas l'homogénéisation des idées ?

6. Le vendredi 03 octobre 2008, par Anne Le Bot

Ce qui compte à mon avis, c'est le brassage des personnes autour d'un même sujet : forcément, les postures seront différentes entre élus, experts et citoyens (eux-même rassemblant des situations et points de vue très différents), ce qui donne tout son intérêt à la participation de ces derniers, qui amèneront un autre regard. Dans ce contexte, je ne crois pas qu'un homogénéisation des idées soit réellement à craindre, notamment si on prend soin de mettre à la disposition des personnes des informations de sources différentes. Une information fiable et complète n'est un préalable indispensable à toute pratique démocratique ?

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Jean-Yves Savidan est Vice-Président du Conseil Economique et Social de Bretagne (CESR) et plus particulièrement président de la section Prospective du CESR.
Il nous présente ici le rôle du CESR et les derniers travaux de la section prospective ainsi que sa vision de la démocratie

Entretien...



Entretien réalisé par Anne Le Bot

Zoom sur la démocratie participative : Elie Geffray / Démocratie

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