Le blog

Aller au contenuAller au menu |Aller à la recherche

Une association pour l'intégration à Gouarec: l'AIKB, la Breizh connection / Les migrations



Marilyn Le Moign, à droite devant les locaux de l'AIKB à Gouarec

Gouarec, entre Corlay et Rostrenen. Magnifique petit village dans une vallée au confluent du Blavet et du canal de Nantes à Brest. Au cœur du bourg, les anciennes halles … et le point information.
Un point information pas comme les autres, puisque tout y est en anglais. Vous êtes accueillis en anglais, au premier étage se trouve une bibliothèque composée uniquement de livres en anglais (la mairie dispose d'une autre bibliothèque) et au dessus une dizaine d'enfants studieux prennent des cours de français. Vous êtes bien à Gouarec. Et vous êtes au siège de l'association Intégration Kreizh Breizh (AIKB)

Une Association Pour L'intégration

Créée à la fin de l'année 2003, l' AIKB a comme vocation l'accueil des nouveaux arrivants, principalement Britanniques, et leur intégration dans la population locale. L'association emploi un plein temps et un mi temps pour faire face à l'explosion des arrivées: l'AIKB comptait une quarantaine de familles membres à ses débuts, elles sont aujourd'hui près de 460.
Marilyn le Moign, la Présidente est d'origine britannique et est mariée à un Breton.
Pour une cotisation de 30euro/mois, l'association propose tout un panel d'activités, ouvertes à tout le monde. Des cours de langues au club de discussions, en passant par des sorties "découverte de la Bretagne" ou des conférences. Sans oublier l'aide aux démarches administratives, auprès des Chambres de Commerce, auprès des impôts, ou encore pour les questions de santé.

Entre racisme et incompréhension

Il s'agit d'accueillir ces nouveaux arrivants et de multiplier les échanges et les événements pour faciliter leur intégration. Et la tache est difficile. "Il s'agit souvent d'un problème d'incompréhension", explique Marilyn le Moign. "Les gens ont peur de l'arrivée massive des Britanniques. Ils ne comprennent pas qu'ils ne parlent pas leur langue. Mais pour un anglais, s'intégrer n'a pas du tout le même sens que pour un français. Pour eux, s'intégrer signifie payer les impôts, travailler ou cotiser. Parler français ou manger français comme vecteur d'intégration n'a aucun sens pour eux."

"C'est vrai qu'il y a beaucoup de racisme envers les Anglais. On leur reproche de faire grimper le prix des maisons. mais beaucoup de Bretons sont ravis d'avoir pu vendre leur bien à un meilleur prix." Même constat chez les commerçants. "Ceux qui ont su tirer profit de cette nouvelle clientèle ont rapidement changé leur regards. Et puis il y a ceux qui ne font aucun efforts. "Je différencie ceux que j'appelle les "expatriés", qui ramène leur pays dans leurs bagages sans aucune envie de se mêler à la population, et les "intégrés" qui se donnent du mal." Précise Marilyn le Moign, qui avoue elle-même se sentir très française. "De toute façon il y a plus de différence entre un "rural" et un "urbain" que entre deux personnes venants de pays différents."

L'AIKB bientôt à la radio

Mais Marilyn le Moign continue de se battre pour que des efforts soient fait dans les deux sens et que les gens se rapprochent. "Avec les bénévoles de l'AIKB nous organisons tous les ans une "fête de l'intégration" à Laniscat, juste à coté. Et cette année notre "fête de l'intégration" est devenue "fête de Laniscat"! Tous le monde s' investit, et tout le monde se mélange. C'est une de nos plus belle réussite en matière d'intégration, et une grande fierté."

Alors Marilyn le Moign repart avec un nouveau projet dans les poches. Celui d'une émission quotidienne de Radio. Chaque jour, à partir de janvier, des bénévoles prendront un quart d'heure d'antenne sur les ondes de Radio Bro Gwened et Radio Kreizh Breizh pour parler d'accueil et d'intégration. "Je suis très contente que ces deux radios, tournées vers le breton et très fortement ancrées sur leur territoire nous offrent ces parts d'audience. Cela prouve que nous sommes de mieux en mieux acceptés.."

Pour en savoir plus:

Le site de l'association Intégration Kreizh Breizh (AIKB) (un nouveau site est en construction, la nouvelle adresse sera bientôt disponible sur notre site)

1. Le samedi 06 septembre 2008, par marie

il faut reconnaitre que nos voisins " étrangers" ont bousté l'immobilier ;
cependant, comment peut on leur faire comprendre que les matériaux français peuvent aussi etre de bonne qualité ?
ce regard que nous sommes plusieurs à poser sur la façon de rénover le bati costarmoricain, n 'est il pas contraire à leur volonté de s'insérer dans notre territoire ? le veulent ils vraiment ?

2. Le lundi 08 septembre 2008, par Perrine

C'est marrant comme, quand on parle de l'intégration des Anglais, il s'agit d'occuper des villages désertés, payer des impots, mais par contre, quand on parle des populations d'Afrique, ils sont toujours là, pour voler nos emplois et profiter de nos acquis sociaux.....
Les Anglais sont-ils des Arabes comme les autres????

3. Le lundi 08 septembre 2008, par irène

Comme l'indique Marilyn Le Moign, je pense aussi qu'on peut faire une différence entre les "expatriés" qui ne font aucun effort (parler français, participer à la vie collective, à l'économie locale, etc.) et ceux qui se donnent beaucoup de mal.
Tout l'intérêt n'est-il pas de faire autant d'efforts que ces derniers pour qu'ils soient véritablement "intégrés", pour privilégier la rencontre et l'échange ? Je crois beaucoup au métissage et l'apport de nouvelles populations et de nouvelles cultures est, à mon avis, toujours intéressant !

4. Le lundi 08 septembre 2008, par Olivier

Je suis vraiment pour le mélange des cultures, comme le décris Iréne, mais les Anglais, ne nous font malheureusement pas vraiment participer à la leur. On en est encore à penser qu'il mange du Marmite au petit déjeuné, et qu'il ne vienne que pour boire du bon vin français......
Quand au Pudding anglais.....

5. Le jeudi 18 septembre 2008, par géraldine

Est-ce que ce sont les Anglais qui ne nous font pas participer à leur culture ou nous qui ne faisons pas l'effort d'aller à leur rencontre ? Il y a une association à Trégrom qui fait cet effort là en tous cas, d'inviter les personnes anglaises à venir discuter, échanger le temps d'une soirée, d'un après-midi.
Il y aussi une commune dans le Morbihan, Peillac, qui tous les ans organise une soirée pour les ressortissants étrangers de la commune, chaque habitant de la commune y est invité, on donne des parrains aux nouveaux arrivants le temps de cette soirée, c'est très convivial et pas si compliqué à mettre en place.
J'crois qu'on manque surtout d'occasions pour se rencontrer (et je ne parle pas que pour les Anglais) !

6. Le lundi 22 septembre 2008, par Loïc

J'ai entendu à la radio l'autre jour, un anglais qui disait que, pour ses compatriotes, manger du fromage et boire du vin correspondait déjà à apprendre et participer à la culture française... alors de là à ce qu'ils parlent français !
Mais heureusement il y a quand même quelques exemples parmi nos voisins britanniques installés en Bretagne, de personnes qui font un effort considérable vis à vis de l'apprentissage de la langue ! Certains se sont même mis au breton !

Réagissez à cet article

Zoom sur les initiatives thématiques: Les migrations / Les migrations

Nous débutons aujourd'hui une série de reportages sur les 10 initiatives thématiques entreprises lors de l'opération Côtes d'Armor 2mille20.
Chaque semaine nous focaliserons nos reportages et nos interviews sur l'une de ces initiatives. Présentation de la démarche, explication du diagnostic et des grands enjeux pour l'avenir de notre territoire, exemples concrets, spécialistes ou témoins apporteront leur regard sur l'une des 10 thématiques retenues par Côtes d'Armor 2mille20
(Les migrations, recherche et innovations, la diversification économique, les défis énergétiques et climatiques, l'agriculture, la mer et le littoral, la culture, le travail médicosocial, les jeunes, l'aménagement et les mobilités.)

1. Les migrations:

L’accueil de populations nouvelles est un enjeu pour le développement du département. Selon un récent rapport du CESR (Conseil économique et social régional) la Bretagne connaît une forte attractivité. D'ici 2030, elle devrait compter entre 500 et 800 mille habitants supplémentaires. Qui sont ces nouveaux arrivants? S'agit-il de migrations à caractère professionnel, à caractère résidentiel ou plutôt de migration internationales?

Au vu de ces données, différents constats peuvent être établis. La question du vieillissement de la population, les problèmes posés par l'accès à un littoral de plus en plus convoité ou encore l'accroissement des mobilités.
Et chacun de ces constats implique de lourds enjeux pour l'avenir de notre territoire.

Pour nous éclairer sur ces données, nous avons rencontré Christian Deumeurée-Vallée, consultant auprès de Bretagne Prospective, en charge de cette thématique sur les migrations:



Prospective et pataphysique... / Culture

Qu'est ce que la pataphysique ?
Le 14 juillet dernier, Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France et membre du Collège de pataphysique nous donnait quelques éclairages lors d'une passionnante conférence au château de la Roche Jagu: "Si je vous dis: j'ai un frère, c'est de la physique.
En revanche si je vous dis que j'ai un frère et il aime le fromage, c'est de la métaphysique. Et si je vous dis: je n'ai pas de frère mais il aime le fromage, alors là, c'est de la pataphysique..."

Absurde? Pas vraiment. Tout au long de cette conférence, Pascal Picq nous a proposé une vertigineuse histoire de l'homme, de ses origines à nos jours. Et selon lui, une chose est sûre: l'homme ne descend pas du singe, il en est le cousin.
Vous vous demandez alors en quoi une conférence sur le darwinisme et le créationnisme peut-elle parler d'avenir? Mais si, pour mieux savoir où nous allons, nous regardions de plus près d'où nous venons ?




L' interview de Pascal Picq:



1. Le lundi 25 août 2008, par Françoise Pennec

Excellente, cette intervention. Bel exemple de vulgarisation et de pédagogie, sur un sujet fondamental. Merci.

2. Le lundi 08 septembre 2008, par janine

C'est dommage qu'il n'y a pas plus de conférence de ce type. Aprendre, tout en se divertissant. Ce type d'intervention me fait penser au travail du Pavé, qui sous forme de spectacle, d'amusement, nous amène à réflechir.

Réagissez à cet article
 

Infos légales | Acces redacteurs | propulsé par DotClear, Theme Kiwi-Cassis

Site optimisé pour les navigateurs Firefox et Opera