La protection de l'environnement, ça n'est pas seulement les éolienne à Plestan, ou les maisons bioclimatiques de Boquého. Les Côtes d'Armor comptent un grand nombre d'associations dont les préoccupations sont liées à l'environnement. Qualité de l'eau, gestion des déchets, économie d'énergie, toutes ces thématiques se rejoignent. Et elles sont coordonnées par la Fédération d’Associations de Protection de l’Environnement et de la Nature des Côtes d’Armor, la FAPEN.
Petit état des lieux avec deux de ses responsables, Jacqueline Caplat et Vincent Doussinault, respectivement Présidente et Coordinateur de la fédération...
La FAPEN c'est quoi ?
Vincent Doussinault: La FAPEN est une fédération qui regroupe un peu plus de 50 associations locales. Ces associations ont des thématiques propres, qui vont de l'environnement, l'eau, les déchets, l'énergie, la protection du littoral, la téléphonie mobile, etc.…L'objectif est de rassembler toutes ces associations afin de pouvoir porter leur revendication au niveau départemental. On travail donc en partenariat avec le Conseil Général et la préfecture.
Et on s'inscrit dans un réseau national, France Nature Environnement…
Quels sont les grands axes de réflexion de la FAPEN en Côtes d'Armor ?
Jacqueline Caplat: La qualité de l'eau, le type d'agriculture et d'économie avec ses impact sur l'environnement, et également, les possibilités économiques liées à l'environnement. Il est quand même temps de se rendre compte que les préoccupations environnementales ne doivent pas être un handicap, mais un atout, aussi bien pour l'agriculture, que pour l'industrie que pour les citoyens.
L'énergie, les déchets, l'eau, sont également des grands axes de réflexion.
Pouvez vous faire un état des lieux des questions environnementales en Côtes d'Armor.
Jacqueline Caplat : Comme je le disais, il est grand temps de faire prendre conscience au citoyen de base comme au décideur, comme à l'acteur économique, que l'environnement est un atout. Et que c'est incontournable. Que la survie du département en dépend. Pour revenir à un sujet plus départemental, la question de l'énergie est centrale. Il existe ici un grand parc éolien, on parle d'installer des éoliennes en mer. L'énergie est une préoccupation majeure. Avant de parler d'énergies nouvelles, mais il faudrait d'abord penser à économiser celle qu'on a déjà, apprendre à la gérer intelligemment.
Vincent Doussinault: Un des enjeux majeurs est le lien entre l’environnement et la santé humaine. Prenons la question des déchets. Le département s'est posé la question de savoir si ces outils de traitement étaient suffisants et bien adaptés. Mais on retombe toujours sur la même problématique, c'est-à-dire que les gens ne veulent pas d'un incinérateur ou d'une décharge près de chez eux à cause des nuisances ou des impacts sur la santé que cela peut avoir. La question devient donc comment éviter de nouvelles nuisances ? Sur la question des déchets, il faut s'orienter vers une réduction à la source de nos déchets. Alors on met en place des actions concrètes de terrain, comme on essaye de faire à Guingamp, avec un projet de compostage pour un quartier. Le compostage est aujourd'hui "réservé" aux personnes ayant un jardin ou du terrain, en ville c'est plus compliqué.
Et les gens adhèrent à ce type de projets ? Il semblerait que la prise de conscience se généralise, que les gens prennent de plus en plus ces questions au sérieux. La cause environnementale jouit d'une bonne image aujourd'hui…
Jacqueline Caplat: Vous savez, cette prise de conscience elle se limite toujours à "d'accord, mais à condition que cela ne me change pas trop dans mes habitudes." La prise de conscience ne se traduit pas encore en actions. Il devient urgent de franchir le pas.
Vincent Doussinault: Oui, c'est seulement l'aspect économique qui peut faire changer les gens. Si le covoiturage se développe de plus en plus aujourd'hui - il n'y a qu'à regarder les ronds points remplis de véhicules stationnés - c'est uniquement parce que le prix du pétrole flambe, pas parce que c'est mieux pour la planète.
Il faut donc passer par l'obligation, la contrainte pour faire évoluer les mentalités ?
Jacqueline Caplat: Il faut à la fois de la formation, de l'accompagnement et du répressif. Il n'est pas question là de réglementer, mais juste d'appliquer les règlements qui existent. La réglementation n'est pas mauvaise. Entre la réglementation nationale et européenne, on a quand même beaucoup d'outils pour protéger l'environnement.